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Le vin et l'image

Peut-être est-ce l’évocation de Narcisse dans mon dernier billet...


... ou les images sublimes de Marielys Lorthios dans notre livre… J’ai en tête depuis quelque temps le sujet du vin et de l’image. Il m’est déjà arrivé d’aborder la question lorsque je m’interroge à propos de ce qui fait la renommée d’un vin, sa réputation et pourquoi il est recherché par les amateurs ou les buveurs d’étiquettes. C’est le thème de la reconnaissance au sens plein du terme. J’ai été très touché par le film « le festin de Babette » et je vous invite à le voir ou le revoir pour ressentir toute l’émotion que cette idée peut susciter. Ce film me fait aussi penser à l’importance de l’ambiance. J’ai aussi ce souvenir, avant certains repas exceptionnels préparés dans une maison, pour lesquels j’ai ressenti cette athmosphère de festin de Babette ! Je crois que ce sentiment n’est possible que dans une maison. Il y a certainement un supplément d’âme dans la cuisine à domicile.

 

Je vous laisse imaginer l’authenticité du repas préparé par Babette qui était autrefois chef dans un grand restaurant parisien et dont la qualité des mets et des vins est reconnue par cet homme qui avait autrefois goûté à sa cuisine !

 

Vous pensez bien que nous ne sommes pas dans le même monde que celui des chefs qui, aujourd’hui, prêtent leur image à la publicité ou ne peuvent plus se passer des services d’un agent. Il ne peut s’agir de la même cuisine !

 

Dans le même esprit, j’ai lu dernièrement qu’un grand couturier allait relooker (prononcez « é ») l’image du vin ou de certains vins pour les rendre plus vendeurs. Le phénomène est poussé à l’extrême quand on sait que le relooker (prononcez « eur ») en question (dont le style m’a toujours fait penser au nouveau beauf de Cabu) ne boit pas une goutte de vin et ne sait nullement en apprécier les vertus !

 

Refusant de boire et de manger, Narcisse passait son temps à chercher son image dans le miroir (aux alouettes) de l’eau de la fontaine. Il a fini par s’y noyer. Les Narcisse des temps modernes ne manquent pas, ils passent d’un sujet à un autre, d’une mode à une autre. Ce qui leur importe c’est de se donner à voir, de se montrer (il est curieux de souligner que dans notre langue, pour certains « se montrer » redouble son sens et les pendules n’ont même pas besoin d’être à l’heure !)

 

Les produits manufacturés, aussi chers soient-ils, sont reproductibles à l’infini et, en général, personne ne se soucie de leur origine.

 

Les grands vins peuvent occasionnellement être fiers de leurs étiquettes mais cela ne doit pas être l’essentiel. Ils s’enracinent dans le terroir comme dans l’histoire et la mode devrait être sans effet sur eux.

 

De même, lorsqu’il s’en « nourrit », l’être de culture enrichit son corps et son esprit en profondeur.

 

C’est un choix qui oblige peut-être à quelques renonciations du côté du monde superficiel.

 

J’ai envie de vous faire une recommandation en ce début de décennie : l’abus d’images est nuisible à la santé (et à la personnalité) et le meilleur vœu que je puisse vous formuler c’est d’être authentique le plus souvent possible.

 

 

Martial Jacquey - Passionné de vin - 18.01.2010
Le Nez de Saint Pierre

 
 
 
 
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